Loin des yeux…
loin du nez

Lors de sa dernière réunion, la Régie intermunicipale des déchets de la Rouge (RIDR), contrôlée par la puissante MRC des Laurentides, a pris coup sur coup deux décisions qui visent à jouer encore plus efficacement au jeu de cache-cache avec les citoyens inquiets de leurs visées. On a donc voté pour que les réunions de la régie se fassent désormais aux deux mois au lieu de mensuellement comme c’était le cas jusqu’ici. Bon an mal an, voilà donc six périodes de questions auxquelles on n’aura plus à se soumettre et six occasions de moins pour les citoyens de questionner la gestion de leur régie des déchets, et donc de se faire du mauvais sang pour trois fois rien – à savoir leur santé et l’avenir de leur région. Comme il y a quelque mois on avait décidé de déménager les réunions publiques de la RIDR de Rivière-Rouge à la Conception, village de la MRC des Laurentides situé à trente kilomètres du lieu d’enfouissement dont un groupe de grincheux locaux questionnait la gestion, et comme aussi pendant ces réunions mensuelles on s’était déjà soulagé d’avoir à faire état du courrier parfois grinçant que l’on recevait, on peut penser que cette nouvelle mesure représente aux yeux des dirigeants de la RIDR un pas de plus vers l’établissement en douceur de la loi du silence. Pour paraphraser ce bon vieux La Palice : plus on en cache, moins ils en voient. Et cela fait moins de monde pour nous “gosser” (expression chère au préfet des Laurentides). La prochaine réunion de la RIDR devrait donc avoir lieu quelque part en juillet. Et là, mes bons amis, attachez vos tuques, la couleuvre qu’on va vous présenter sur un plateau doré et qu’on va vouloir vous faire avaler au beau milieu de nos vacances (joyeux hasard !) sera tellement grosse qu’elle risque de vous étouffer… Il faut savoir que par les temps qui courent, la MRC des Laurentides se magasine des partenaires pour vous – et nous puisque nous habitons dans la région – empuantir l’air et empester la vie encore bien davantage qu’ils ne le font déjà, avec la joyeuse inconscience fruit d’un égoïsme primaire que rien ni personne n’est à ce jour parvenu à freiner. Dommage. Ce dérèglement des mœurs leur a fait économiser les sommes qu’ils auraient dû mettre de côté pour fermer de façon convenable notre ancien site d’enfouissement, où ils entassaient la grande majorité de leurs vidanges. Plusieurs fois dénoncée lors des assemblées publiques, leur négligence est la cause des graves problèmes rencontrés aujourd’hui, comme les explosions spontanées de poches de gaz méthane sur le site. Et que penser de leurs employés obligés de respirer à journée longue ces vapeurs? – Iouhou!… Non, mais quelqu’un quelque part va-t-il finir par se réveiller? La deuxième décision qu’ils ont prise à la RIDR lors de leur réunion de mai est de garder intact le règlement portant sur l’interdiction de photographier, enregistrer, filmer non seulement les réunions de la régie, mais aussi les terrains et bâtiments sur lesquels elle exerce son absolu contrôle. Suite aux événements récents qui avaient d’abord vu un journaliste être expulsé manu militari d’une réunion de la RIRHL à la demande expresse de son président François Desjardins, puis une autre journaliste se faire vertement réprimander pour avoir pris une photo en toute fin de réunion de la RIDR, la mairesse de Rivière-Rouge, Mme Déborah Bélanger, a présenté une motion demandant l’abolition du règlement en question. Par un vote quasi unanime (à une voix près… vous devinez laquelle), la demande a été rejetée. Et qui a eu l’air encore de l’empêcheur de tourner en rond? Les citoyens de Rivière-Rouge, bien entendu, par l’intermédiaire de notre courageuse mairesse. Mais c’est là le but du jeu: s’arranger pour que les gens de chez nous aient l’air de véritables asociaux, de marginaux flyés incapables de s’entendre avec leurs si charmants voisins dont le ramage les apparente à la variété de cette sous-famille des buses qu’on appelle les petits a-buseurs.
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